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Société / Santé publique

Rapport sur la "maltraitance ordinaire" dans les hôpitaux

La Haute autorité pour la santé (HAS) vient de rendre publique une étude qualitative sur la maltraitance ordinaire dans les hôpitaux.

Combatenligne met à disposition ce document, en pdf, en incitant lors de sa lecture à faire la part entre les introductions et certains commentaires du document, qui justifient – directement ou indirectement – les choix politiques actuels en matière de santé, et les propos rapportés, qui mettent à jour des aspects souvent tus de la prise en charge dans les établissements de santé(1).

Pour éviter que la question des moyens soit soulignée comme un élément essentiel du rapport, et de ses conclusions, les auteurs opèrent ainsi : "Si l'impact des difficultés liées au manque de moyens humains ne peut être nié, certains professionnels, ayant une expérience multiple dans divers services, l'ont toutefois relativisé. Selon eux, comme on le verra, les facteurs de maltraitance des malades et de leurs proches ne se résument pas seulement à une insuffisance de moyens, mais relèvent aussi d'une réflexion plus générale sur l'organisation des établissements de santé et de la capacité de l'ensemble de l'encadrement à poser les conditions d'une démarche de bientraitance".

Et c'est ainsi que le discours sur la certification et la normalisation – "avoir des cadres de références clairs et solides" –, d'une part, et le discours sur le management, d'autre part, servent de fait à faire écran aux conséquences logiques à tirer à partir d'affirmations telles que : les professionnels n'ont pas de temps ; les soignants ne sont pas disponibles ; le travail dans l'urgence nuit à la qualité des soins ; le manque de solution en aval de l'hospitalisation est patent...

Il faudrait repérer les dysfonctionnements, répertorier et suivre les plaintes, bref, mettre en place une "véritable politique institutionnelle". Tout ne serait que question de procédures et de modalités de travail, de bonne conscience professionnelle et de compréhension réciproque entre les soignants et les patients, mais aussi tout de même de formation, le tout comme si l'hôpital n'était pas un lieu d'exercice du pouvoir – du pouvoir médical et de plus en plus d'un certain pouvoir bureaucratique.

Dans la conclusion du rapport, l'impasse est totale sur la question des moyens des hôpitaux, ce qui témoigne du parti-pris des auteurs de l'étude aussi bien que de la Haute autorité de santé. Les voies pour construire une "politique de la bientraitance" sont "un engagement du management de l'établissement dans toutes ses composantes, une meilleure identification des solutions, la formation et la sensibilisation des professionnels, une évolution des organisations".

(1) Soulignons au passage que cette étude qualitative s'appuie sur un nombre très limité de documents et d'entretiens, ce qui en relativise en partie la portée.

Document à téléchargerrapportsurlamaltraitancehopitaux.pdf