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Politique / Société

Forces et limites d’un mouvement extraordinaire

L’effervescence actuelle du mouvement pour le retrait du projet de réforme des retraites signe le reflux de la domination libérale dans la société, et sa contestation de plus en plus ouverte et globale. Examiner, à titre provisoire, non seulement les avancées qu’il produit, mais aussi ses limites, c’est contribuer à lui donner plus de force encore.

Depuis plusieurs années, les néolibéraux se faisaient du mauvais sang à constater la persistance du scepticisme vis-à-vis du capitalisme et la vitalité de la critique du libéralisme. C’est maintenant dans l’action que des millions de citoyens se font acteurs d’une résistance dure à un projet-phare de la droite en général et du Medef en particulier. Ce changement, d’une critique largement partagée à une entrée dans l’action d’un très grand nombre de citoyens et à un large soutien à une action radicale – susceptible rien moins que de bloquer le pays – constitue probablement un tournant dans l’histoire sociale récente du pays. Il n’en demeure pas moins intéressant de s’intéresser aux obstacles - et par effet-miroir aux possibilités - pour que ce mouvement à haute teneur politique renouvelle en profondeur et durablement les termes de la confrontation politique.

Un puissant mouvement unitaire...

Ce n’est certes pas le premier mouvement de masse des dernières années, mais c’est le plus important depuis 1968. Huit journées (bientôt dix) de manifestations au plan national avec des millions de participants, sans parler de centaines d’autres initiatives au niveau local, avec une participation tournante de nombreux salariés. Des millions de journées de grèves, touchant quasiment tous les secteurs et branches professionnelles. Cela donne par exemple cette estimation de la Fédération syndicale unitaire (FSU) : 80 % des enseignants du primaire auraient participé à au moins une journée de grève depuis le début du mouvement. Sans parler des salariés qui font grève ces jours-ci pour la première fois et du mouvement des lycéens.

…sur un enjeu de fond.

Le mouvement ne porte pas sur n’importe quel projet mais sur une réforme qui modifierait en profondeur le modèle social français, à travers un recul majeur : le droit à la retraite constitue un des grands acquis conquis par le mouvement ouvrier ; pour beaucoup, il fait partie avec le droit à la sécurité sociale du socle des droits fondamentaux. Il constitue un enjeu fort notamment car il touche au temps libéré du travail salarié, au « temps libre » que l’on peut vivre après des années où vendre sa force de travail a constitué une activité centrale de la personne. L’injustice ressentie par rapport à cette réforme est souvent liée, dans les paroles de ceux qui soutiennent le mouvement, au sentiment que la retraite est une juste contrepartie à une vie professionnelle harassante.

«C’est dans la rue qu’ça s’passe !», dit une chanson reprise dans de nombreux cortèges. Des millions de citoyens font l’expérience qu’il est possible d’ébranler le pouvoir, de prendre du pouvoir.

Une extraordinaire détermination. Au fil des semaines, la mobilisation s’est renforcée, alors que beaucoup de médias – alignés sur le pouvoir - spéculaient sur sa diminution, pariant sur des difficultés énormes : coût de la grève pour les grévistes, peur de perdre son emploi ou de la répression patronale dans le privé, faible chance que le pouvoir cède, risques de division… Mais voilà, non seulement ces difficultés ne l’emportent pas (jusqu’à présent) mais certains des hochets du pouvoir ont été brisés.

Une des forces du mouvement est ainsi que l’opposition entre secteur public et secteur privé a du plomb dans l’aile. Cela ressemble à un retour de balancier par rapport aux politiques qui n’ont cessé depuis des années de faire perdre des droits aux fonctionnaires au nom de l’égalité (vers le bas) entre les "nantis" (fonctionnaires !) et les autres. Ce registre, puissant facteur de division des mouvements comme de l’opinion publique, semble épuisé ou tout au moins il a perdu une bonne part de son poids. Il est vrai que les nombreuses enquêtes montrant que l’opinion a une haute opinion du rôle des services publics et de leurs agents laissaient penser que les diatribes contre les fonctionnaires auraient un jour leurs limites : nous y sommes, du fait de la dynamique du mouvement.

Une dynamique contre toutes les divisions

Les confédérations syndicales ont su, par exemple à travers la propositions d’initiatives faisant place à la fois au développement des grèves et des manifestations en semaine ET le week-end, casser les oppositions : entre grévistes et non grévistes, entre salariés pouvant faire plusieurs jours de grèves et précaires qui ne le peuvent pas, entre citoyens-acteurs du mouvement et citoyens-spectateurs. Et l’on entend maintenant son collègue qui habituellement ne bouge pas lancer : «Samedi, c’est mon tour !».

Une des oppositions sur lequel le pouvoir a perdu la bataille, même s’il tente aujourd’hui de la jouer autrement (sur le registre sécuritaire), concerne l’opposition entre jeunes et plus âgés. Cela donne sur les radios des témoignages de manifestants lycéens indiquant que leurs parents sont dans le cortège ou qu’ils sont d’accord pour la manif. Cela donne des propos de vieux évoquant les droits des futures générations et de jeunes expliquant avoir compris que la lutte d’aujourd’hui a de la valeur pour le long terme (pour eux-mêmes, pour leurs enfants). Ainsi le mouvement sème-t-il pour l’avenir, bien au-delà des exigences immédiates qu’il porte… ce qui lui donne là aussi une portée véritablement extraordinaire.

Où est la gauche ? Quelle gauche ?

Du côté du Parti socialiste, le jeu semble consister à ne pas aller vers un vrai débat sur l’alternative politique, et pour cause : les solutions qu’il propose ne sont en réalité pas éloignées fondamentalement de celles promues par la droite. Plus exactement, la contradiction entre revendiquer que l’âge de la retraite reste à 60 ans et accepter une augmentation du nombre d’annuités apparaît désormais publiquement. Plus de 60 % des citoyens ne s’y trompent pas, en estimant qu’une alternance n’aboutirait pas à la remise en cause du projet.

Le Front de gauche n’a pas réussi en deux mois à s’exprimer en tant que tel. Depuis des semaines, ses trois composantes s’expriment les unes à côté des autres dans les manifs. Tout juste viennent-elles d’annoncer un meeting (le samedi 23 à Beaubourg), où l’on espère que d’autres forces et des acteurs du mouvement pourront s’exprimer, et une collecte au bénéfice des grévistes. Dans la période, le PG tire son épingle du jeu, notamment en investissant le mouvement sur le versant de l’interpellation des institutions (il est la seule des trois composantes du Front de gauche à militer pour le référendum, la direction du PCF restant l’arme au pied).

Au NPA, tout est centré sur l’idée d’obtenir le retrait du projet par la grève générale, en considérant l’exigence du référendum comme une «diversion» par rapport au mouvement. La question de l’alternative politique est considérée au mieux comme secondaire, au pire comme sans importance.

Du côté d’Europe écologie, le soutien des militants au mouvement est fort, et Cécile Duflot a fait partie des premiers signataires en faveur d’un référendum. Mais c’est bel et bien du côté des contenus d’une réforme des retraites que le bât blesse avec au sein d’EE aussi bien des positions droitières que des options antilibérales.

Du côté de la Fédération pour une alternative sociale et écologique, l’exigence du retrait, l’objectif d’une généralisation de la grève, l’appel à un référendum, la volonté de globaliser le débat et de porter le fer sur la légitimité du pouvoir, la convergence entre le mouvement sur la réforme des retraites et la lutte anti-sécuritaire sont associés.

G.A.

Dans un mouvement comme celui-là, ce sont toutes les oppositions qui en prennent un coup et c’est la solidarité (en général) qui marque des points. En quelques mois, l’expérience d’une telle lutte renforce l’esprit critique de franges importantes de la population et contribue à révéler de futurs citoyens-militants. La politisation gagne ainsi du terrain, et l’on vérifie l’idée que les mouvements importants sont d’extraordinaires accélérateurs de la prise de conscience, dont nous retrouverons plus tard de multiples traces.

La pression de fait sur les directions des confédérations est un autre élément, qui n’est pas pour l’essentiel une affaire de base et de sommet, de désaccords entre les dirigeants vendus-au-Grand-Capital et les « authentiques révolutionnaires ». L’essentiel est selon nous l’expérience que le mouvement pèse, que la multitude prend du pouvoir, en un mot, comme le dit la chanson reprise par les manifestants : «C’est dans la rue qu’ça s’passe !» C’est ainsi que les stratégies syndicales sont en partie ébranlées par le mouvement. Mais il faut aussi constater que les directions syndicales ont réussi jusqu’à présent à ne pas se couper des manifestants, tout en contribuant au maintien d’un très fort niveau de soutien au mouvement, malgré les chausse-trappes de la droite et le jeu permanent de la plupart des médias pour porter aux nues les failles (réelles, potentielles, imaginaires) de l’unité d’action. L’annonce de deux nouvelles journées d’action unitaires, les 28 octobre (pendant les congés scolaires) et 6 novembre, confirme la puissance de la dynamique.

Des éléments nouveaux.

Autre témoignage qu’il y a du neuf sous le soleil de l’action, ce constat à contre-courant des représentations habituelles des militants : beaucoup de manifestants ne pensent pas que le mouvement puisse être victorieux et pourtant s’y impliquent (l’idée habituelle étant que l’on se met en mouvement si l’on pense qu’il est possible de gagner). Cela signifie que se joue quelque chose qui ne concerne pas seulement le projet de réforme lui-même : de l’ordre de la nécessité de maintenir la possibilité même d’une autre vie, d’un autre choix de société, de la possibilité d’autres possibles, qu’Alain Badiou nomme l’hypothèse communiste. Et il existe aussi une forte exigence de dignité, qui va avec la possibilité d’autres possibles : la personne n’est pas un mouton, elle peut déterminer sa vie, chercher à élargir l’horizon, avec d’autres. On note que s’ouvre alors une question nouvelle : si le mouvement réfute qu’il ne serait pas possible de faire autrement que de vivre dans le monde impitoyable que nous promettent les valet du capital, quel avenir nous donnons-nous ?

La légitimité du pouvoir en question.

C’est là aussi un tournant politique important, et qui contredit ceux qui considèrent que le mouvement ne serait "que" syndical ou "social", et donc destiné à déboucher seulement sur une négociation entre partenaires sociaux (position qui a un problème de crédibilité vis-à-vis des manifestants, qui s’expriment massivement pour le retrait du projet, mais qui aux yeux de la CGT et de la CFDT a le mérite d’un soutien considérable dans l’opinion). La légitimité du président directeur général de la France, celle du gouvernement et celle du Parlement subissent une sévère remise en question, qui porte en germe la possibilité d’une mise en cause beaucoup plus profonde et radicale du système économique et des institutions politiques.

Le mouvement actuel ne pose pas jusqu’à présent la question d’une politique alternative globale, ni celle d’une subversion de l’ordre institutionnel. Mais il délégitime puissamment le pouvoir et sa politique, ce qui est déjà beaucoup.

De fait, le conflit entre la légitimité de la démocratie représentative et celle de la démocratie participative est positif dans la mesure où il démasque la réalité d’un système politique à bout de souffle, où le Parlement est une chambre d’enregistrement, où tout simplement l’avis du peuple ne compte pas. Au passage, on se demande où sont passés les « démocrates » qui n’ont cessé depuis des années de brocarder les régimes autoritaires (de manière sélective) et qui se taisent quand le pouvoir UMPiste entend imposer à notre société un projet auquel deux tiers des citoyens sont opposés, alors même qu’il ne faisait pas partie du mandat donné au président de la République. Leur silence veut-il dire que dans certains cas le pouvoir étatique doit imposer ses vues à la société ? Pour une fois, on a hâte de les entendre !

Ebullition. Autre élément fort : outre la diversité des secteurs en lutte et des locomotives du mouvement, toute une série de convergences se manifestent, soit avec des combats locaux, soit avec des enjeux connexes ou de grandes questions – comme par exemple celles de l’avenir industriel du pays et de l’Europe (avec de multiples conflits concernant des plans « sociaux »), celle de la formation et de l’école ou celle de l’avenir du système de santé. Cela contribue à transformer le rapport au politique en produisant un élargissement de la critique du système économique, social et politique, ouvrant peut-être le champ à des exigences relevant d’une alternative globale.

Au total, la perception que la société dans laquelle nous vivons est insupportable s’est tonifiée considérablement. Mais, encore une fois, pour quel (autre) avenir ?

Quelle crise politique ? «C’est dans la rue qu’ça s’passe !», avons-nous repris à notre compte. «Mais c’est pas qu’là !». En réalité, le mouvement actuel ne pose pas jusqu’à présent la question d’une politique alternative globale, ni celle d’une subversion de l’ordre institutionnel. Il s’arrête au pallier de l’effondrement de la légitimité du pouvoir, sans chercher à envisager ce que serait un autre pouvoir et un mouvement de transformation de la société.

Annick Coupé, dirigeante de Solidaires, déclarant dans Politis que «cette crise sociale peut s’articuler avec une crise politique», fait (prudemment) figure d’exception : la séparation est nourrie par les positionnements respectifs de la plupart des syndicats et des partis. Les uns (syndicats, de l’extérieur, ou partis, espérant gagner un renforcement de leur électorat) renvoient explicitement à une éventuelle sanction électorale en 2012 (une sanction déconnectée du mouvement réel, actuel). Les autres se veulent soutiens au mouvement, ou aux syndicats, et ne s’envisagent pas comme en faisant partie. Pour eux, l’alternative est à venir… plus tard, une fois le mouvement terminé (ou pour le prolonger, comme on dit toujours pour donner l’idée d’une continuité).

Enfin, du côté des militants qui depuis plusieurs années veulent travailler contre la césure entre (mouvement) social et politique (institutionnelle), cela conduit à des pistes d’approfondissement. Le raccordement ne doit-il pas désormais s’envisager essentiellement comme une forme d’incursions subversives dans et contre les institutions, plutôt que principalement dans une logique de contre-pouvoir ? Et d’ailleurs, la question est-elle d’opérer un raccordement (qui généralement relie deux éléments préexistants entre eux) ?

Le retrait, la grève et le référendum

L’appel à un référendum, initié par Politis, atteignait ce vendredi matin près de 3000 signatures sur le site www.referendumretraites.fr (sans compter les nombreux paraphes recueillis sur les manifs) avec un rythme de signatures qui s’accélère. On note une diversité remarquable parmi les signataires, militants politiques, syndicaux et associatifs, citoyens de toutes sensibilités. Des prises de position nouvelles en faveur d’un référendum sont intervenues ces derniers jours, à lire sur le site (rubrique contributions). Ainsi, Ignacio Ramonet vient de souligner : «nul n’ignore que le président de la République avait affirmé, dans son programme présidentiel, qu’il ne toucherait pas à la retraite à 60 ans. Il a rompu unilatéralement le contrat moral qu’il avait passé avec les Français. Par conséquent, on est en droit de se réclamer encore d’une autre légitimité, celle de la démocratie participative : puisque le président change son programme, il doit soumettre sa proposition aux électeurs. C’est pourquoi certains réclament, à mon avis à juste titre, un référendum».

De son côté, la Fédération pour une alternative sociale et écologique, qui milite pour le retrait du projet gouvernemental et, à cette fin, pour la généralisation de la grève, vient de s’adresser aux différentes composantes de la gauche de transformation en vue de l’organisation d’initiatives unitaires et pour proposer de donner à cette campagne une dimension beaucoup plus large.

Le déficit d’alternative

La lecture des documents distribués par les forces politiques aux manifestants est révélatrice du déficit de pensée globale alternative. Les uns se focalisent sur le seul soutien au mouvement. Les autres se centrent sur les solutions au financement des retraites comme si la question centrale à l’occasion d’un tel mouvement était de faire la démonstration qu’ «une autre réforme des retraites est possible». Les allusions à 2012 sont fréquentes, dans des termes inchangés, alors même que tous soulignent par ailleurs qu’un tel mouvement devrait bousculer l’agenda politique.

La position de fond du PS sur le fond du dossier a conduit de fait, jusqu’à présent, à ce que l’opposition soit perçue comme incapable de formuler une série de propositions en rupture avec celles de la droite, tandis que depuis des semaines le Front de gauche ne parle pas (lire l’encadré). Ainsi manque-t-il à ce jour une expression politique unitaire en phase avec la revendication cardinale du mouvement – le retrait du projet – et qui porterait en positif des propositions politiques pour une alternative en continuité directe du mouvement.

Enfin, des questions majeures restent encore de côté. Si la jonction avec les luttes antisécuritaires marque des points lorsque, comme samedi dernier à Paris, la mobilisation contre la "politique du pilori" rencontre physiquement le cortège contre la réforme des retraites, certaines réformes en cours, dont les enjeux sont gravissimes, passent au second plan : il en est ainsi par exemple de la réforme des collectivités territoriales, en cours d’adoption.

Le débat nécessaire sur le rôle des syndicats

Il existe différentes façons d’aborder ce sujet sensible. L’une d’elle, qui n’est pas la nôtre, consiste à considérer que les syndicats doivent agir selon les directives politiques formulées ailleurs, par un parti. Une autre conception consiste à développer une approche critique, à la fois légitime et nécessaire (et qui n’a rien d’un jugement, ni d’une prétention à diriger), en tant qu’acteurs du mouvement se préoccupant qu’il contribue à ce que la question de l’alternative politique soit posée autrement que dans les clous du jeu partisan habituel.

La question de l’égalité est celle qui permettrait d’élargir l’affrontement actuel à la question de la répartition des richesses, à l’enjeu global d’une société solidaire, de politiques allant au-delà de simples effets redistributifs…

Elle s’autorise à réfléchir aux limites d’une unité syndicale qui à la fois est un enjeu fort pour la puissance du mouvement et donne l’impression de tirer le mouvement vers le bas. Elle pose la question des possibilités de rapprochements entre les syndicats les plus combatifs. Elle souhaite un débat ouvert sur le rapport à l’alternative politique : comment les syndicats qui se revendiquent d’un syndicalisme de transformation sociale pourraient-ils dans la prochaine période se désintéresser de l’alternative possible à Sarkozy ? Quels rôles pourraient-ils jouer, non pas à la place mais en articulation avec le mouvement et les forces politiques ?

Reste enfin que la question de l’égalité se trouve posée de manière encore trop superficielle, trop partielle ou trop floue pour devenir une incontournable « force matérielle ». En réalité, elle n’est pas facile à aborder de front, par exemple parce que se trouve alors rapidement posé le fait qu’une « bonne réforme » des retraites devrait permettre des départs légaux à la retraite diversifié (même si cela n’est pas contradictoire avec l’existence d’un âge légal de référence). On note que se permettre d’aborder aujourd’hui ce que le sociologue Robert Castel appelle «l’ère de la complexité» est encore un effet extraordinaire d’un mouvement qui porte loin.

La question de l’égalité est celle qui permettrait d’élargir l’affrontement actuel à la question de la répartition des richesses, à celle de la propriété, à l’enjeu global d’une société solidaire et de politiques qui aillent au-delà de simples effets redistributifs, à celui de l’égalité entre les hommes et les femmes… et à l’ouverture d’une ère de conquêtes émancipatrices.