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Société / Education

La police s’installe à l’école

C’est au lycée de Moissy-Cramayel (77) que Châtel et Hortefeux ont décidé d’installer leur premier flic à l’école, qui se rendra en uniforme et armé dans son bureau, dans l’enceinte du lycée, 4 heures par semaine. La mesure sera « expérimentée » dans 53 collèges et lycées dont les élèves sont ciblés comme « violents ».

Cette stigmatisation ne plaît ni au proviseur, ni aux professeurs qui ont remis une lettre de « refus » au recteur, ni aux parents qui ont distribué un tract et encore moins aux élèves qui ont accueilli les deux ministres par un rassemblement et des insultes. De même au collège de Noirettes de Vaulx-en-Velin où un flic a été installé : les professeurs ont protesté contre cette « dangereuse confusion entre l’éducatif et le sécuritaire » et réclament le « départ de ce policier ».

Dans les établissements du 93, où le gouvernement ne s’est pas encore risqué à installer des flics, les « équipes mobiles de sécurité » (1) continuent à gagner du terrain. On les a vues à l’oeuvre lors d’un blocage du lycée Mozart au Blanc-Mesnil : d’après les témoignages des élèves, l’un de ces pseudo flics (2) a menacé une élève particulièrement active, « ne me manque pas de respect, parce que sinon on va aller régler ça plus loin ». Professeurs et parents ont immédiatement réagi brandissant la motion de refus votée l’année précédente au CA du lycée (3). Les EMS n’étaient plus là une heure plus tard… ce qui ne les a pas empêchés de faire leur ronde à deux et en civil durant le mouvement lycéen contre les réformes. Jusque là les profs qui les ont repérés les ont mal accueillis comme il se doit.

(texte provenant de RESISTONS ENSEMBLE / bulletin n° 91 / novembre 2010) resistons.lautre.net/ (voir lien en-dessous)

1 « Chaque académie va disposer d’une équipe mobile de sécurité, dirigée par un "conseiller sécurité" placé auprès du recteur. Ces équipes pluridisciplinaires de 20 à 50 personnes ont trois missions : – informer et prévenir en amont pour réduire les tensions – intervenir immédiatement en cas d’incident grave – protéger les personnes et les biens par une présence continue

Le déploiement d’équipes mobiles de sécurité au sein des académies fait partie du plan d’action mené conjointement par le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de l’Intérieur. Celui-ci comprend trois axes majeurs : – prévenir les situations de violence – former les personnels – organiser les conditions d’intervention » (education.gouv.fr / le 05-10-2009)

2 Parmi les membres des EMS, on trouve d'une part des policiers à la retraite et des agents de sécurité reconvertis, d'autre part des anciens surveillants et des retraités de l’éducation nationale. (note de Combat en ligne)

3 « Sur le fond, je suis révolté que l'on supprime 10 000 postes d'enseignants dans la filière professionnelle et 80 000 dans le général pour faire des économies mais que l'on trouve de l'argent pour recruter ces équipes. » (un professeur au lycée Lucie-Aubrac de Pantin) (note de Combat en ligne)