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Ecologie

Engagements

Hervé Kempf : «La conférence de Copenhague a été un tournant, parce que, pour la première fois, dans l’arène du climat, y a émergé la société civile, sous le slogan de ‘justice climatique’. Si un traité sur le climat est nécessaire, il ne pourra s’écrire que sous la pression populaire. C’est pourquoi, plutôt qu’à Cancun, où les diplomates ne feront que sauver les apparences, c’est dans les mouvements de protestation et de proposition qu’il faut chercher l’énergie de l’avenir. En France, c’est à Cancon (Lot-et-Garonne) qu’il faudra être le 4 décembre. Sur le Net, blog.cancon2010.org. S’y feront entendre ceux qui veulent ‘changer le système, pas le climat’» (Le Monde du 1er décembre).

Cancon
Cancon

Pablo Solon, ambassadeur de Bolivie à New York et chef de la délégation bolivienne à Cancun : «Les pays développés ont beau continuer à parler de 2°C, nous n’avons pas vu quoi que ce soit entrepris pour limiter de façon conséquente le réchauffement global. (…) ce qu’il nous faudrait, ce sont des engagements fermes de la part de tous les pays développés. Mais si les Etats-Unis ne sont pas prêts à le faire, alors les autres pays industrialisés d’ores-et-déjà parties prenantes du protocole de Kyoto doivent aller de l’avant sans les attendre. Tout simplement parce qu’il est préférable qu’il ne manque qu’une seule nation plutôt que toutes.» (L’Humanité du 29 novembre).

Petit rappel, concernant la France. Soi-disant preuve d’un engagement écolo sans faille, la France devait instituer une taxe carbone, impactant à la fois sur les particuliers et sur les entreprises, dont les industriels. Mais voilà, saisi par 60 députés et 60 sénateurs, le Conseil constitutionnel a censuré l’ensemble du dispositif voté. En effet, comme l’indique le Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique (CITEPA www.citepa.org/publications/index.php3) : «Les exemptions auraient conduit à ce que 93 % des émissions d’origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone. Moins de la moitié des émissions nationales de GES aurait été soumise à la contribution carbone. Celle-ci aurait donc porté sur les ménages ». Levant le voile sur une imposture du capitalisme vert (parmi d’autres), le conseil constitutionnel a considéré que « les régimes d’exemption étaient contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créaient une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques».