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Psychiatrie

À propos de la Charte des internés (1975)

Extrait de "La raison du plus fort - Traiter ou maltraiter les fous ?" de Bernard de Fréminville (Seuil, 1977)

« Cet abîme n’est toujours pas surmonté, et c’est cela sans doute qui permet à l’immense majorité des psychiatres de ne pas prêter la moindre attention au discours collectif émanant des malades qu’ils ont charge de soigner. […] dès que plusieurs « malades mentaux » joignent leurs voix pour se faire entendre, la surdité la plus totale frappe les responsables des lieux de soins. Un projet de « Charte des internés »(1) a, par exemple, été reproduit, sous l’influence du Groupe Informations Asile, par de nombreux journaux : le silence le plus complet de la part des instances officielles, médicales et administratives a répondu à ce projet, et ceux des internés qui ont tenté de le faire circuler en ont été vigoureusement empêchés.

Pour combler le silence du fou, pourtant, une manière d’être est tentante : c’est de parler pour lui. Sakel(2), en 1950, pour appuyer ses positions, n’hésitait pas à dire : « Je suis venu afin de parler pour les silencieux, pour ceux qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes, pour les innombrables schizophrènes. » »

1. Reprise dans le n°5 de Sans remède – juin 2014. (note de Combat en ligne)

2. Inventeur au début des années 1930 de la sinistre thérapie de choc nommée insulinothérapie, dite encore « cure de Sakel ». Elle consistait en l’injection d’insuline dans le but de provoquer un coma hypoglycémique – coma profond, végétatif – auquel il était mis fin, généralement au bout de 2 ou 3 heures, par injection intraveineuse d’une dose de sucre ou par tubage gastrique. (note de Combat en ligne)