Attention posthume à Richard Durn
En deçà du « ''tueur fou et suicidaire'' », du « ''forcené'' » dont les médias nous ont abreuvés, il y avait un être humain. Quelle peut être la part de responsabilité de la société dans la naissance, le développement et l'évolution finale de ses troubles psychiques ?
Attention portée à l'autre, à Richard Durn. Sauf que pour lui c'est trop tard. Par défaut, attention portée à son histoire.
Attention portée au-delà de tous les énoncés caricaturaux, de tous les diagnostics psychiatriques émis avec, à l'appui, des "interprétations" plus ou moins sauvages, de tous les jugements proférés, de toutes les analyses "au ras de la moquette" étalées dans les journaux.
Attention portée aux mots qu'il a pu écrire dans son journal intime, où il est parvenu avec une immense lucidité à exprimer une part de sa souffrance, à rapporter les moyens qu'il a mis en œuvre pour tenter de la réduire, à faire finalement le constat de leur échec, à toujours analyser son évolution défavorable.
Mots où l'on découvre un être humain, avec ses espoirs, ses déceptions, ses désirs. A côté d'autres mots écrits beaucoup plus sous l'"influence" de ses troubles psychiques mais auxquels beaucoup se sont hélas arrêtés. Evidemment c'est plus simple. Cela permet d'éviter de se poser des questions gênantes.
Aux titres des grands (??) journaux, "le forcené de Nanterre", "le tueur de Nanterre", "acte de folie meurtrière", "le tueur fou et suicidaire", laissons répondre les mots de Richard Durn extraits de son journal : « 9 février 1999 (...) J'en ai marre de rester des heures à écouter la radio pour ne pas me sentir coupé du monde et de rester certains soirs scotché devant la télévision alors que je sais que c'est une machine à décérébrer et à abrutir les gens et les esprits. J'en ai marre d'attendre désespérément une lettre ou un coup de téléphone alors que je n'existe plus pour personne, que je suis oublié de tous... (...) Je ne veux pas crever sans avoir été amoureux et sans qu'une femme ait été amoureuse de moi, même si je suis faible, déglingué et immature et que j'ai déjà plus de 30 ans. Je ne veux pas crever sans avoir connu du monde à l'étranger, sans avoir eu un seul, même s'il n'y en a qu'un, ami. Je ne veux pas crever sans avoir connu des choses belles et graves dans le monde. Par exemple, certains paysages, un lieu où je me sentirais bien (désert, montagne, milieu équatorial, tropical), nager près des baleines, des dauphins.(...) J'ai envie de vivre. J'ai envie d'aimer. Je veux grandir, je veux me battre et trouver un combat auquel je crois, même si je perds.(...) »(1).
Ou comment répondre à la haine par la haine. En ne se privant pas d'utiliser, au premier degré, les propos de Richard Durn exprimant toute la haine qu'il a retournée - aussi - contre lui-même, tout son mépris, son dégoût de lui-même.
Ou comment alimenter la paranoïa collective, de sorte que le social à l'avenir ait une part encore plus importante dans la genèse des troubles paranoïaques. Belle déontologie journalistique !
« Bien construit, ficelé : il faut créer une logique à l'irrationnel, fondre le délire dans la réalité sociale. (...) Qu'on le tienne pour une victime de la société, ce "fils de femme de ménage slovène". (...) Manipulateur jusqu'au bout. (...) Lui qui tient à peine debout dans la vie, avec ses jambes arquées, qu'il a fallu opérer à neuf reprises pour finalement se traîner au bout d'une minable canne. (...) Pendant trente-trois ans, il n'a fait que cacher son vide. (...) Tout juste bon à habiter avec sa mère, à se faire porter des plateaux-repas derrière la porte de sa chambre. (...) Et goûte à l'humanitaire, enchaînant quelques missions au Kosovo, à Sarajevo. (...) Non qu'il prenne plaisir à aider les autres, mais plutôt à espérer qu'une balle vienne se nicher dans son crâne.(...) Appuyer sur la gâchette. Oui, Richard Durn sait faire ça. C'est d'ailleurs bien tout ce qu'il a appris finalement dans sa misérable vie de "clochard" ».
Extraits de l'article "Nanterre : l'apocalypse selon Richard Durn" dans Le Nouvel Observateur, 4-10 avril 2002.
Lorsqu'on lit en gros titre "Richard Durn, détruit par sa folie" - avec le mot folie en lettres encore plus grosses - et que l'article qui suit(2) peut se résumer à "C'est la faute à la folie" l'envie nous prend d'écrire "Richard Durn, détruit par la société". Mais ce serait là faire preuve de la même capacité à tenir un discours exclusif, à développer sans vergogne une caricature de réflexion. Seule la thèse serait différente et finalement la complexité des problèmes posés serait éludée.
Il ne s'agit pas de faire de Richard Durn une victime de la société, il s'agit de mettre en évidence qu'il a été, entre autres, victime de la société et d'analyser comment il l'a été. Dans l'article pré-cité, Laurent El Ghozi(3) affirme catégoriquement : « Je ne crois pas que la personnalité de Durn ait un quelconque intérêt et il ne sert à rien de se pencher sur elle. Dans cette recherche d'explication, on est dans le refus de la maladie mentale et de la mort. Richard Durn est un grand paranoïaque, étiqueté comme tel, son dossier médical l'atteste. Au bout de son cheminement psychique, de son enfermement, on bute sur cet acte abominable. On est dans le processus terminal d'un grand malade mental. La sagesse c'est d'accepter qu'il n'y a rien à comprendre.(...)" Or à nos yeux la thèse de la maladie mentale ne s'oppose pas de façon simpliste à la recherche d'explications. Elle s'y oppose d'autant moins que la "maladie" mentale n'est pas pour nous ce territoire - peuplé des monstres des cauchemars de notre enfance ? - prétendument "radicalement incompréhensible ».
A cet endroit certains penseront qu'il serait bon de ne pas confondre explications sociales et explications psychopathologiques (voire psychanalytiques)... Oui, mais celles-ci peuvent-elles être aussi nettement catégorisées ? En allant un peu plus loin, les notions de sociogenèse et de psychogenèse des troubles mentaux sont-elles pertinentes ? Quelle psychogenèse peut-elle prétendre exister isolément, hors de toute dynamique sociale, hors de toute détermination sociale ? Quelle sociogenèse peut-elle être considérée exclusivement, sans se rapprocher de la sociologie et donc renoncer à toute pertinence en matière de recherche de sens individuel ?
Quoiqu'il en soit, si la thèse de la maladie mentale consiste à sortir l'étiquette paranoïa de la nosographie psychiatrique pour la plaquer sur toute une vie sans prendre en considération la dimension de la sociogenèse de la paranoïa et donc en occultant au bout du compte la question de la responsabilité de la société, elle est utilisée de façon tendancieuse et donc inacceptable. Mais si la recherche d'explications ne consiste qu'à produire du verbiage, qu'à fabriquer à tout prix de la signification pour tenter de remplir le vide du non-sens - et ainsi rassurer - et qu'elle vient également occulter la question de la responsabilité de la société, elle est utilisée de façon tout aussi inacceptable.
Par ailleurs si "la sagesse c'est d'accepter qu'il n'y a rien à comprendre" nous devrions tous regretter que Freud et ceux qui ont suivi n'aient pas été habités de cette sagesse-là ! Circulez, y a rien à comprendre! Rappelons tout de même que la thèse de médecine de Lacan(4) a porté sur la paranoïa et que très vite il s'est intéressé au cas des sœurs Papin(5). Et que dire du travail de Pierre Legendre(6) cité dans ce même article de Libération, sinon qu'il s'inscrit précisément dans la démarche de chercher à comprendre...
Que le psychologisme de bazar vendu par la plupart des médias soit "un leurre, à la limite de l'escroquerie" nous en conviendrons tout-à-fait avec le Dr El Ghozi, mais en ce qui nous concerne, nous ne rangeons pas dans cette catégorie tout travail, fût-il philosophique, psychanalytique, sociologique, politique ou tout à la fois, qui tendrait à expliciter les interactions individu-collectif et donc à mettre en évidence la responsabilité de la société dans l'évolution collective d'une part et dans celle de chaque individu d'autre part.
Sous ce titre voilà ce que nous pouvons lire dans le Dictionnaire de psychiatrie et de psychopathologie clinique(7) : « La paranoïa n'est pas un simple trouble du jugement. Elle a ses racines dans une atteinte profonde du psychisme, d'ordre instinctivo-affectif, que S. Freud et ses élèves ont bien mis en évidence. Mais il faut savoir aussi que l'influence du milieu va jouer un rôle considérable dans le devenir des paranoïaques délirants. (...) L'Américain E. Lembert a bien montré que, dans certains cas, le processus pathologique de la paranoïa n'est pas seulement celui de la personnalité du paranoïaque, mais aussi celui de l'ensemble des interactions et des relations sociales du patient. En quelque sorte, "les paranoïaques aussi ont leurs ennemis". Le futur paranoïaque est peu à peu exclu et littéralement "persécuté" par son entourage, qui adopte vis-à-vis de lui une attitude policière et "conspiratrice". On peut donc parler de "la nature conspiratrice" de cette exclusion. De plus en plus "indésirable", le futur paranoïaque est isolé du groupe, mis en quarantaine, dans le "secret". Les manifestations originales de son comportement sont "amplifiées" et "interprétées" dans le sens le plus péjoratif et pathologique. Ainsi se crée autour de lui "cette spirale de mensonges" bien décrite par E. Gofman, conduisant peu à peu le sujet à véritablement délirer. Cette sociogenèse de la paranoïa est importante. Elle pourrait nous faire mieux comprendre comment une société totalitaire peut faire d'un opposant jusque-là sain d'esprit un authentique paranoïaque. Mais que dire de ces gens qui rendent les autres paranoïaques ? Ne seraient-ils pas les vrais paranoïaques ? Comme le constate R. Laing dans Les faits de la vie : "Je suis très intéressé par les mots, et aussi par ce pour quoi nous en avons et ce pour quoi nous n'en avons pas. Par exemple, le mot paranoïa. Je trouve toujours étrange que nous disposions de ce mot pour signifier que quelqu'un se sent persécuté quand ceux qui le persécutent ne pensent pas qu'il le soit. Mais il n'y a pas de mot pour distinguer la situation où vous persécutez quelqu'un sans vous en rendre compte, situation que j'aurais crue aussi grave que l'autre et sûrement pas moins fréquente" ».
Ainsi le système d'agression sociale est-il verrouillé par un dispositif automatique de sécurité qui préserve la société : ce dispositif permet aux agresseurs (individus et institutions) d'aliéner et de détruire des êtres humains en totale non-conscience de leurs actes, tout en disqualifiant fondamentalement les êtres agressés.
Et si pour ces êtres toute expression de révolte est barrée, si le conformisme est leur seul mode d'existence, comme le reconnaît Richard Durn dans son journal, alors jusqu'à la fin leurs agresseurs resteront pour eux des modèles, des figures idéalisées. Du plus profond de leur souffrance, jusqu'au dernier moment ou presque, ils auront toujours le désir de rejoindre leur(s) rang(s), de s'engager eux aussi sur la voie de la réussite sociale. Chaque échec dans cette direction-là générait chez Richard Durn une violence qu'il ne pouvait que retourner contre lui-même : « je suis un raté ». Et chaque échec pour être surmonté ne pouvait provoquer qu'une aggravation des "symptômes psychopathologiques". Jusqu'au jour où les "symptômes", dans leur propre fonction de sauvegarder la survie de la personne face à la réalité, ont atteint la limite de leur efficience. Alors Richard Durn réalise qu'il est détruit, au bout du rouleau : « (...) Je ne m'accrochais plus à la vie, j'ai décidé de capituler ». Il n'envisage plus que sa destruction finale : « J'avais décidé de mourir, je ne me projetais plus dans l'avenir »(8). Et c'est seulement à partir de ce moment qu'il peut pleinement retourner sa haine contre le monde extérieur, comme le constate un "ami" deux jours avant la tuerie : « Il n'arrêtait pas de dire que je lui avais menti. Autant avant il m'idéalisait, ce soir-là, il essayait de me détruire ».
Un enfant ne sait pas qui est son père ? C'est socialement acceptable. Qu'il se démerde !
Un enfant est immigré, vit seul avec sa mère et pauvrement ? C'est socialement acceptable. Qu'il se démerde !
A 20 ans et 24 ans, il fait deux tentatives de suicide, il est suivi dans un dispensaire de santé mentale. Et si les soins thérapeutiques n'apportent aucune aide notable au désigné patient ? C'est socialement acceptable. Qu'il se démerde !
A 33 ans il se masturbe depuis vingt ans, n'a jamais connu l'orgasme dans les quelques rapports sexuels qu'il a eus et cela fait des années qu'il n'en a plus ? C'est socialement acceptable. Qu'il se démerde !
Ah il ne dérange pas grand-monde, Richard Durn. Dans notre société des libertés, lui est octroyée la liberté de non-vivre, la liberté de souffrir, la liberté de s'auto-détruire et d'être détruit, la liberté d'être prisonnier d'une fausse identité et au bout du compte la liberté de crever bien gentiment en se pendant dans un grenier dans l'indifférence générale. « Je suis foutu parce que je n'ai plus de repères sociaux et affectifs. Je ne suis plus qu'un numéro d'immatriculation dont tout le monde se fout. J'ai un bandeau sur les yeux et je tourne en rond dans une pièce en me cognant toutes les 10 secondes à un meuble ou à un mur »(9). Et c'est dans ce meilleur des mondes là, où tout va pour le mieux de cette façon-là, que surgirait brutalement l'irrationnel pur, l'acte de totale anormalité, dont l'auteur est alors déclaré forcené ? Non, mais vous êtes sérieux ?
Oui, comme l'a dit Freud, « les paranoïaques aussi ont leurs ennemis » mais avec le temps la lutte entre une haine individuelle exacerbée par l'intensité "pathologique" et la haine collective pavée de bons sentiments est devenue une lutte féroce "pour la vie ou pour la mort". L'acte meurtrier n'apparaît pas étonnant quand on développe une analyse un tant soit peu rigoureuse. Il n'est surprenant, voire "totalement irrationnel" que dans une société aveugle, sourde et muette, enfermée dans sa propre folie, et qui œuvre à se reproduire telle quelle.
Alors au lieu de tenter de nous mettre des pansements post-traumatiques dans des cérémonies de masse, de mobiliser à tors et à travers tout ce qui pourrait faire explication(s) et ersatz de sens dans le seul but de calmer chacun sa petite douleur et sa petite angoisse individualiste, en rejetant tout le reste dans la zone obscure du dénié collectif, nous pourrions peut-être en cette occasion ouvrir un peu les yeux et nous remettre au travail de l'analyse critique des fonctionnements sociaux nationaux et au-delà, des fonctionnements sociaux occidentaux.
La famille, l'école, les conditions sociales, les fonctionnements sociaux ne font pas la "psychopathologie" mais elles participent à sa naissance, à son développement et à son évolution favorable ou défavorable. S'il y a une solidarité humaine, le collectif est responsable de l'évolution défavorable et cette responsabilité devrait l'amener à s'interroger sur ses propres fonctionnements. Si au contraire c'est la loi de la jungle qui prévaut, sous une mince pellicule d'humanisme dévoyé et d'empathie intéressée, au point que laisser un être humain crever tout seul est dans l'ordre des choses, alors les fondations du pire à venir sont en place. Et chacun(e) pourra s'étonner comme au premier jour chaque fois que le pire adviendra. Comme s'il s'agissait du diable - cette vieille imagerie débile - surgissant à chaque fois de la boîte que nous lui avons construite sans le savoir. Notre boîte. Notre prison.
(1) Le Monde du 10 avril 2002.
(2) Libération du 16 avril 2002.
(3) Médecin, adjoint (PS) au maire de Nanterre. Il a tenté, avec d'autres, de maîtriser Richard Durn et a été blessé par balles.
(4) J. Lacan, La psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, (1932).
(5) J. Lacan, "Motifs du crime paranoïaque" in Le Minotaure, n°3 - 1933/1934. Rappelons brièvement que les deux sœurs Papin, travaillant comme bonnes, ont commis, en 1933, un double crime sur la personne de leur employeuse et de sa fille.
(6) P. Legendre, Le Crime du caporal Lortie, traité sur le père, Flammarion, 2000.
(7) Larousse-Bordas, 1998.
(8) Procès-verbal de l'audition du 27 mars au 36, quai des Orfèvres, Le Monde du 10 avril 20O2.
(9) Journal de R. Durn, Le Monde du 10 avril 2002.
A propos des sœurs Papin
Dans son texte "Les complexes familiaux dans la formation de l'individu" (1938), Lacan écrit : « (...) nous avons rencontré constamment ces délires dans un groupe familial que nous appelons décomplété, là où l'isolement social auquel il est propice porte son effet maximum, à savoir dans le "couple psychologique" formé d'une mère et d'une fille ou de deux sœurs (voir notre étude sur les sœurs Papin, plus rarement d'une mère et d'un fils »(1).
Il s'agit là bien évidemment d'une pure donnée psychanalytique illustrant l'absence du "père de la réalité", mais où il apparaît néanmoins que l'isolement social est fortement favorisé par cette situation de couple et que c'est justement dans cette situation qu'il va produire son effet maximum, son effet pathogène maximum, oserons-nous rajouter.
Pourquoi alors ne pas concevoir un mode de vie collectif rendant impossible un tel isolement social et privant par là-même le développement paranoïaque d'une de ses sources ?
Mais ne voulant pas que de jeunes lecteurs puissent commencer à croire que Lacan fut un sociologue, nous nous empressons de faire suivre cette seconde citation du même : « Ce dernier cas [des sœurs Papin] faisant la preuve que seul l'analyste peut démontrer contre le sentiment commun l'aliénation de la réalité du criminel, dans un cas où le crime donne l'illusion de répondre à son contexte social »(2).
Suite à cet énoncé exclusif, rappelons qu'il ne s'agit ici ni de nier la "pathologie" psychique de Richard Durn, ni d'en faire une formule magique pour consommation de masse, ni de tenter de faire croire que son crime répond au contexte social mais de prendre en considération les liens de sa "pathologie" avec des éléments majeurs de la réalité sociale, dans sa naissance, dans son développement et dans son issue meurtrière. En commençant par les années où il a pu supporter relativement bien ses difficultés, où pourrait-on dire il a vécu - comme des millions de français - normalement "malade".
(1) J. Lacan, Autres écrits, Paris, Seuil, coll. Le champ freudien, 2001, p.68
(2) J. Lacan, Ecrits, Seuil, coll. Le champ freudien, 1966, p.142
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